jeudi 31 juillet 2008

Fin de Siècle

Les origines de ce blog remontent à un soir de printemps du milieu des années 90.
Alors étudiant de licence à Toulouse, j’étais rentré à Agen, chez mes parents, pour un long week-end de quatre jours. Ces derniers étaient partis en week-end, et le but avoué de ce cours séjour était de retrouver certains de mes amis et de passer le week-end à faire la fête avec eux. Mais, coup de fil après coup de fil, je réalisai rapidement qu’ils étaient tous, soit restés à Toulouse, soit eux aussi partis quelque part en week-end. En tout cas, ils n’étaient pas sur place. Il me fallait me rendre à l’évidence : j’allais passer les quatre prochains jours complètement seul.
Après une journée et je ne sais plus combien de films visionnés, même moi, pourtant grand cinéphile commençait à en avoir marre d’être assis devant un écran de télévision, et petit à petit l’ennui commençait à pointer son nez. J’avais encore l’option de lire, mais je ne me souviens plus pourquoi, cette idée ne m’enchantait guère à ce moment-là (alors qu’il s’agit normalement d’une de mes activités préférées… que ne donnerais-je aujourd’hui pour disposer de quatre jours entièrement consacrés à la lecture ?!).
Bref, je commençais vraiment à être à court d’idées (c’était une époque où Internet n’était qu’un mot dont le sens m'était encore un peu vague).
Et, certainement après m’être résigné à passer le reste du week-end à lire, je commençai à fouiller la bibliothèque de mes parents pour voir s’il y aurait quelque chose d’intéressant (c’était avant que je ne prenne l’éducation littéraire de ma mère en mains, et je dois avouer qu’à cette époque, si sa bibliothèque était bien fournie, le niveau qualitatif de celle-ci laissait fortement à désirer). C’est alors qu’une petite boîte en carton en haut d’une étagère de livres attira mon œil. Cette boîte était là depuis toujours, j’avais dû la voir des centaines de fois, mais pourtant je réalisai que je n’avais aucune idée de son contenu.

Dire que son ouverture fut équivalente à la découverte de la tombe de Toutankhamon ou de la grotte de Lascaux serait un peu abuser (voire carrément abuser), mais pourtant, à l’échelle de l’histoire de ma famille, c’est comparable.
Je m’explique. Je n’ai jamais connu mon grand père paternel : il est mort quand mon père était adolescent, et il était déjà très vieux à ce moment là (il est né en 1885 si je me souviens bien). Et surtout, je ne sais presque rien de lui, mon père n’en parle jamais, ni le reste de sa famille. D’après les rares indices que j’ai pu récolter, j’en ai déduit qu’il n’était pas forcément très commode (vous aurez compris l’euphémisme) et qu’il n’a pas laissé un très bon souvenir, pas même auprès de ses très proches.
Or voila, cette boîte contenait une partie de sa correspondance pendant la 1ère Guerre Mondiale (et un petit peu après). Guerre à laquelle il n’a pas participé à cause de problèmes de santé, si j’ai bien compris. Cette correspondance se présentait sous forme de cartes postales et narrait quelques histoires. Bien sûr, je ne disposais que de la moitié de ces histoires : uniquement les cartes reçues, pas celles envoyées, mais c’était suffisant pour que cela se révèle assez passionnant pour que finalement je passe le reste de mon week-end à lire ces cartes, à découvrir certains membres de ma famille (un cousin parti au front, d’autres ailleurs) ainsi qu’une certaine Amélie, originaire d’Amiens, réfugiée avec sa famille dans le Sud-Ouest pendant la Guerre, repartie dans sa ville après 1918, et qui entretint une correspondance assidue avec mon grand-père. Au point que je soupçonne une relation amoureuse entre les deux, certaines cartes laissant peu de place au doute, même si tout est dit à demi-mots. Histoire très belle, histoire ambiguë, on souhaite un happy ending, tout en sachant qu’il n’a pas eu lieu, et surtout que s’il avait eu lieu, je ne serais pas train de taper ces lignes aujourd’hui…

Et au final, ce week-end se révéla être un des meilleurs week-ends de ma vie, et surtout l’un des plus original.

Et, ces cartes postales, c’est elles que je vais poster ici au fur et à mesure, dans un ordre assez aléatoire, en retranscrivant le texte quand c’est possible (les cartes elles-mêmes sont chez mes parents, les scans sont parfois difficiles à lire), mais texte ou pas texte, les photos des cartes nous offrent une vision de ce début de vingtième siècle assez unique et plus qu’intéressante.

1 commentaire:

Leesa a dit…

AWESOME!!! Thanks for sharing them with us!toq