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jeudi 24 septembre 2009

de Perpignan, 28 juillet 1918




Perpignan, le 24-8-18
Cher ami,
Je t’écris ces deux mots pour te donner de mes nouvelles qui pour le moment sont assez bonnes. Mais ça n’a pas été toujours de même car à l’offensive du 20 juillet j’ai reçu un éclat d’obus qui m’a traversé le poignet gauche et j’ai beaucoup souffert, mais maintenant ça va mieux. Et toi mon cher Adrien, j’espère que tu dois être en bonne santé et que tu attends l’ouverture de la chasse avec impatience. En attendant de tes nouvelles (???) mon cher Adrien ainsi que (???) bonne et (???) poignée de main (???)

Merle
Hôpital Sacré-Cœur
Perpignan, P.O.

dimanche 10 mai 2009

Beauzée-sur-Aire

Campagne 1914-1915
31 mai 1915

BEAUZÉE-SUR-AIRE
Une maison "conservée" par les Allemands...




31 mai 1915.
Mon cher cousin,
Sur la dernière lettre que tu m’as envoyée tu me disais que ce serait toujours avec plaisir que tu recevrais des vues du théâtre de la guerre. De temps en temps, quand je croirai pouvoir le faire, je t’en enverrai quelques unes. Celle-ci représente une maison de Beauzée-sur-Aire : c’est une des maisons qui ont le moins souffert du bombardement. Car ce village a bien souffert. Je suis toujours en bonne santé et j’espère que cette carte vous trouvera de même. En attendant le plaisir d’avoir bientôt de tes nouvelles.
Je t’embrasse ainsi qu’à tes chers parents.
Ton cousin :
G. XX

Note: Cette carte est intéressante de par la propagande subtile qu'elle contient avec l'ironique "épargnée" dans la légende.
Quant au cousin de mon grand-père, j'ai toujours du mal à trouver plus d'informations sur lui, sinon qu'il existe bien un poilu mort en 1917 portant mon nom de famille et dont le deuxième prénom est Gustave (si je me souviens bien ce G est pour Gustave ou Gaston), or nous savons qu'à l'époque les gens s'appelaient souvent par leur deuxième prénom (mon grand-père le premier, son véritable prénom étant Guillaume, Adrien n'est que le deuxième), seul hic, ce Gustave serait né à Compiègne. A ma connaissance, je n'ai pas de famille à Compiègne, mais qui sait? Après tout, je ne sais pas grand-chose des cousins de mon grand-père.

mercredi 1 avril 2009

Curiosité de l'Alsace-Lorraine


Wegelsbourg, près de Wissembourg (altitude 573 m.)
A 2 kilomètres au-delà de la frontière du Palatinat. Le château fut détruit en 1282 par les Strasbourgeois sous le commandement d'Otto d'Ochsenstein. Reconstruit comme forteresse impériale, les Français firent sauter le château en 1680.

Wegeslburg, near Wissembourg (alt. 1880 ft)
1.2 miles beyond the Palatinate border. The castle was destroyed in 1282 by the Strasbourgers led by Otto of Ochsenstein. Rebuilt as an imperial fortress, the French blew the castle up in 1680.


Château de Landskron, près de Bâle (altitude 559 m) - Faisait partie du domaine des empereurs d'Allemagne. Il fut acheté par Louis XIV et ce dernier en fit un fortin français. Pris en 1813 par les alliés en route pour la France, il sauta en 1814 pendant le siège de Huningue.

Castle of Landskron, near Basel (alt 1834 ft) - Was part of the German Emperors' domain. It was bought by Louis XIV and he turned it into a French fort. Taken in 1813 by the allied forces in route for France, it exploded in 1814 during the siege of Huningue.



Le 8 décembre 1914,

Chère Jeanne et la famille,
Aujourd’hui lundi, j’ai reçu les trois cartes que tu m’as envoyées de Valence, les photographies des troupes qui sont dans le Nord. Mais ce que je peux te dire de ne pas t’amuser à m’envoyer ces cartes à cause que pour les conserver elles pourraient m’embarrasser. D’ailleurs, tu peux te l’imaginer en toi-même les poches pleines de papier. Mais tes lettres je peux les déchirer une fois que je les ai lues. Aujourd’hui, nous avons fait une marche militaire du côté du Col du Bonhomme et je t’assure que nous avons vu un peu de tout. Je te promets que c’est quelque chose de bien triste à voir tous les bois coupés et encore de quel côté qu’on se tourne on ne voit que des tombes soit des Alboches et des nôtres malheureusement. Quand on voit cela, je te promets que ça te ferme le cœur. La bataille qui s’est passée dans les environs il y a plus d’un mois mais les civils nous ont dit qu’il y avait eu beaucoup de Boches, en effet, tout en suivant les forêts on ne voyait que des casques à pointes tout démolis. Les villages tout brûlés, enfin on ne peut voir rien de plus triste. Pour moi, je suis toujours dans les casernes de Fraize et je suis toujours avec Canin et Jean-Marie. Je t’envoie deux belles vues antiques d’Alsace-Lorraine. J’espère que si tu les reçois toutes tu vas en faire une collection. Toujours en bonne santé et j’espère que vous êtes de même. Encore, nous avons le temps qui nous protège, il n’est pas trop mauvais. La neige est fondue dans les collines.
Ton mari qui pense toujours à toi et je vous embrasse de loin bien fort.
J. Sazy


December 8, 1914.

Dear Jeanne and family,
Today, Monday, I received the three cards that you sent me from Valence, the photographs of troops in the North. But I can tell you to not send me those types of cards, because I could get embarrassed (or get into trouble? The phrase is not clear) for keeping them. You can imagine yourself, with pockets full of papers. Simple letters, I can destroy them after reading. Today, we had a military march near the Bonhomme Pass and I can assure you that we saw a little bit of everything. I promise you that it’s a very sad thing to see all those woods that have been cut and wherever you look all you see is graves, either of Heinies or sadly, of our own. When one sees that, I can promise you that it shuts your heart. The battle that happened in the area was more than a month ago, but the civilians told us that there had been a lot of Fritzs, indeed, walking along the forests, we could see lots of broken spiked helmets. Villages had been burnt down; one cannot see a sadder thing. Me, I’m still in the barracks in Fraize and I’m still with Canon and Jean-Marie. I’m sending you two ancient views of Alsace-Lorraine. I hope that if you receive all of them you’ll collect them. Still in good health and I hope it’s the same for all of you. At least, the weather is preserving us, it’s not too bad. Snow has melted on the hills.
Your husband who always thinks about you and who sends kisses from afar to all of you.
J. Sazy

Note : comme souvent, j’ai corrigé les (ici nombreuses) fautes d’orthographe, mais je n’ai pas touché à l’expression ni au style).

Note: the original text is full of spelling and stylistic mistakes (due to the exhaustion?) that I corrected in the English translation.

dimanche 1 mars 2009

La Montagne Noire

La Montagne Noire
Bassin de St-Ferréol
Vue Prise à l'Extrémité de la Digue.


Revel, le 23 juillet 191? (1915? ou 1916?)
Mon cher Adrien,
Je ne suis pas encore parti pour le front mais je ne suis plus à Toulouse, car tous ceux qui ont été blessés ou malades, on nous a envoyé à Revel, près des montagnes noires pour nous entraîner en attendant de repartir.
C'est un joli pays où les gens sont très aimables pour le soldat et on est pas trop mal, mais ça barde pour l'exercice sous prétexte de nous entraîner.
En attendant le plaisir de nous revoir, et de tes nouvelles, reçois mon cher Adrien une cordiale poignée de main.
Ton ami Merle Antoine, 28e Compagnie, 14e Reg(?)
Revel, H-G

Revel, July 23, 191? (1915? 1916?)
My dear Adrien,
I haven't left for the front yet, but I'm not in Toulouse anymore, because all those who had been injured or sick have been sent to Revel, near the black mountains to train us before going back.
This is a nice country where people are very nice with soldiers and we're quite comfortable, except during boot camp that is tough.
Waiting for having the pleasure to see you again and receiving news from you, please receive my dear Adrien a warm handshake from me.
Your friend, Antoine Merle, 28th Company, 14th Regiment.


Note: Sur le site Mémoires des Hommes du Ministère de la Défense, j'ai trouvé un Antoine Merle, né non loin (mais pas exactement à côté) de chez mon grand-père (à Albias, en Tarn-et-Garonne) et mort au front le 28/10/18, mais son régiment semble être le 15e.
Je copie ici sa fiche de "mort pour la France. Est-ce lui ou non ?

On the "Mémoires des Hommes" website (collecting archives from the wars and managed by the French Ministry of Defense) I found an Antoine Merle who died at the front on October 28, 1918 and who was born near my grandpa's home village (but not exactly next to it either). His regiment seems to be the 15th though, not the 14th. Is that him or not? I'm not sure.

mardi 17 février 2009

Vorderansicht

Vorderansicht (Vue de Façade / Frontview)
Cathédrale de Laon



19-10-18
Mon cher Adrien,
Depuis longtemps je n’avais pu t’envoyer des cartes postales des villes où je me trouvais. Cette fois, ça en vaut la peine. Nous sommes entrés ici le mardi et les Boches étaient partis depuis le dimanche. Ces cartes sont encore comme tu le vois de l’édition boche, c’est une valeur pour elle. La ville est très jolie, presque pas endommagée, et dedans nous y avons trouvé beaucoup de civils (dans les 8000). Inutile de te dire que nous avons été bien reçus et que nous y sommes bien vus. Nous y finirions volontiers la guerre. D’autant plus que je crois que la fin arrive à grands pas. Je suis en bonne santé. J’espère que tu fais quelques bonnes parties de chasse et que tu tues pas mal de perdreaux et de lapins. En attendant de tes prochaines nouvelles, je t’embrasse ainsi qu’à mon oncle et tante.
Ton cousin,
G …


10/19/18
My dear Adrien,
It has been a long time since I last could send you postcards from towns where I was. This time, it’s worth it. We arrived here on Tuesday and the Krauts had been gone since Sunday. These cards –as you can see- are still of the Kraut publisher, it adds value to them. The town is very pretty, with little damage, and we found a lot of civilians inside (about 8000). No need to tell you that we were warmly welcome and that we are much appreciated. We would gladly finish the war here. Even more so because I think it is going to end very soon. I am in good health. I hope you are having some good hunting parties and that you’re killing enough partridges and rabbits. Waiting for news from you, I’m kissing you as well as my uncle and aunt.
Your cousin,
G …

mercredi 26 novembre 2008

Piraterie Allemande

Piraterie Allemande
Le U-53 sous-marin Allemand près des côtes d'X...

German Piracy
The U-53 German submarine near the coast of X...




(Bord?) le 9 juin 1917,
Cher Adrien,
Je vous remercie d’avoir fait mes petites commissions. Bien le bonjour à vos bons parents.
Recevez une bonne poigne de main.
J’ai reçu une carte de la petite Camille qui est vraiment (grosse?) comme vous ditté (sic)..
Marcelin

(on board?), the 9th of June 1917,
Dear Adrien,
I thank you for running those few errands for me. Hello to your good parents.
Receive a good handshake.
I received a postcard from little Camille who/that(?) is quite (big?) as you say.
Marcelin

Notes:
-Cette carte est la première (ici, pas chronologiquement) de Marcelin, de son vrai nom Marcel Belval, marin pendant la Première Guerre Mondiale, un ami de mon grand-père (peut-être un cousin).
-La partie à propos de Camille est difficile à lire. Qui est grosse ? La carte ou Camille ? Et le dernier mot est-il "dites" mal écrit ou autre chose ? (comme d'habitude, si votre capacité de lecture d'écriture manuscrite est meilleure que la mienne n'hésitez pas à apporter les corrections que vous pensez nécessaires).

-This postcard is the first (published here) from Marcelin, whose real name was Marcel Belval, part of the French Navy during World War One. He was a friend of my grandfather (or maybe a cousin).
-The part about Camille is hard to read. Who or what is big? The card or Camille? Also, the last word might not be "say" (if it is, it's misspelled in French, if it's not "say" I'm not sure what it is)

dimanche 14 septembre 2008

Alsaciennes avec le Vieux Rouet


Alsaciennes avec le Vieux Rouet



Samedi le 25 décembre 1915
J’ai reçu les deux lettres à la fois avant-hier soir. Or je peux te dire que je n’ai pas eu le temps de faire ma réponse plus tôt. Toujours à cause du travail. Parce que comme je te l’ai envoyé sur une de mes lettres que nous étions relevés le 23 au soir. Mais ce n’as pas été ainsi je croyais de passer la fête de la Noël à (?) et nous la passons aux tranchées. Je fais aussi bien d’y faire dix jours on en fait 13. Seulement, j’espère que nous y serons pour faire le premier de l’an.
(Jean Sazy ?)


Saturday, the 25th of December 1915
I received both letters together two days ago in the evening. And I can tell you that I haven’t had time to write back earlier. Still because of work. Because, as I told you on one of the letters that we were on relief on the 23rd at night. But that didn’t happen, I thought we’d spend Christmas in (???) but we’re spending it here in the trenches. I was supposed to stay 10 days, and I’m staying 13. I just hope we’ll be there for New Year’s.
(Jean Sazy?)